XVIIème Siecle
1682
Expulsion des Bohêmiens ou Egyptiens
Une Déclaration contre les "Bohêmiens ou Egyptiens" prise à Versailles le 11 juillet 1682, confirme et aggrave les ordonnances précédentes concernant les "Bohêmiens" qui seraient arrivés en France à partir de 1417.
LOUIS ... Quelques soins que les rois nos prédécesseurs aient pris pour purger leurs états des vagabonds et gens appelés Bohêmes, ayant enjoints par leurs ordonnances aux prêvots des maréxhaux et autres juges d'envoyer lesdits Bohêmes aux galères, sans autre forme de procès: néanmoins il a été impossible de chasser entièrement du royaume ces voleurs, par la protection qu'ils ont de tout temps trouvée, et qu'ils trouvent encore journellement auprès des gentilhommes et seigneurs justiciers, qui leur donne retraite dans leurs châteaux et maisons, nonobstant les arrêts des parlemens qui le leur défende expressément à peine de privation de leurs justices, et d'amende arbitraire, ce désordre étant commun dans la plupart des provinces de notre royaume. Et d'autant qu'il importe au repos de nos sujets et à la tranquilité publique de renouveler les anciennes ordonnances à l'égard des dits Bohêmes, et d'en établir de nouvelles contre leurs femmes et contre ceux qui leur donnent retraite, et qui par ce moyen se rendent complices de leurs crimes. A ces causes ...
Voulons et nous plait que les anciennes ordonnances faites au sujet desdits Bohêmes soient exécutées selon leur forme et teneur; et ce faisant, enjoignons à nos baillis, sénéchaux, leurs lieutenans, comme aussi aux prêvots des maréchaux, vice-baillis et vice-sénéchaux, d'arrêter et faire arrêter tous ceux qui s'appelent Bohêmiens ou Egyptiens, leurs femmes, enfants et autres de leur suite, de faire attacher les hommes à la chaîne des forçats, pour être conduits dans nos galères, et y servir à perpétuité; et à l'égard de leurs femmes et filles, ordonnons à nosdits juges de les faire raser la première fois qu'elles auront été trouvées menant la vie de Bohêmienne, et de faire conduire dans les hôpitaux les plus prochains des lieux, les enfants qui ne seront pas en état de servir dans nos galères, pour y être nourris et
"Ne voilà pas de braves messagers
qui vont errant par pays estrangers"
"Les bohémiens - L'avant garde" gravure par Jacques Callot (1592-1635)
élévés comme les autres enfants qui y sont enfermés;et en cas que lesdites femmes continuent de vaguer et de vivre en Bohémienne, de les faire fustiger et bannir hors du royaume; le tout sans autre forme ni figure de procès. Faisons défenses à tous gentilhommes, seigneurs hauts-justiciers et de fiefs de donner retraite dans leurs châteaux et maisons auxdites bohêmes et à leurs femmes; en cas de contraventions, voulons que lesdits gentilhommes, seigneurs hauts-justiciers soient privés de leurs justices, que leurs fiefs soient réunis à notre domaine, même qu"il soit procédé contre eux extraordinairement pour être punis d'une plus grande peine, si le cas y échet, et sans qu'il soit en la liberté de nos juges de modérer ces peines. Si donnons ...
(Sources: Gallica - Bibliothèque Nationale de France - Recueil des Anciennes Lois Françaises Tome III. Image -Catalogue en ligne de l'oeuvre gravée de Jacques Callot)