XVème Siecle
1406
1ère prerscriptions des registres de baptêmes
L'Eglise, on le sait, interdisait sévèrement autrefois les alliances entre consanguins. Les prohibitions du IVe Concile de Latran (1215), son t formelles à cet égard, et plusieurs conciles postérieurs les ont répétées en termes analogues : « Prohibitio quoque copulae conjugalis qua rtum consanguinitatis et affinitatis gradum de caetero non excedat quoniam in ulterioribus gradibus jam non potest absque gravi dispendio hu jusmodi prohibitio generaliter observari. »
De plus la parenté selon la chair n'était pas, aux yeux de l'Eglise, la seule qui pût mettre o bstacle à la validité des alliances. La tenue d'un enfant sur les fonts baptismaux constituait entre parrains et marraines une parente spiritu elle qui devenait la source de nombreux empêchements. Or, il est facile de concevoir quelles graves difficultés devait offrir une semblable recherche à une époque où l'usage constant était de donner à un enfant plusieurs parrains et marraines.
Aussi le 3 juin 1406, l'évêque de N antes, Henri IV Le Barbu impose aux curés par ordonnance d'inscrire tous les baptêmes avec mention des pères et mères, parrains et marraines,
...er insuper, quia de novo ad nostram pervenit notitiam quamplurimos in nostra civ. et dioec. praed. matrimonia illicita et a jure prohibita ob notitiae orgnationum spiritualium defectum contaxisse, ac in ipsis cum animarum suarum periculis, quod dolenter referimus, romansisse : nos, prout nostro incumbit officio, talibus pro futuris temporibus obviare cupientes, tenure praesentium statuimus et ordinamus ut omnes et singuli curati nostrarum praedictarum civitatis et dioecesis de cetero nomina compatrum et commatrum infantes de sacro fonte, ut moris est, in suis ecclesiis parochialibus levantium ipsorumque infantium in suis registris redigere ac inscribere teneantur, ac ad haec registra antiqua convenire in quibus hujusmodi cogniatonium spiritualium notitia aperiri valeat perpetua et haberi. Si quos vero dict. curatorum in his defectuosos aut remissos repererimus, et per hujusmodi defectum aliquis talis casus illiciti matrimonii, quod Deus avertat, evenire contigerit, ipsos tanquam de delicto puniemus ac puniendos esse decernimus et alios prout suadebit occasio, Volumus etiam et ordinamus ut hujusmodi registra nobis vel nostris commissariis singulis annis, dum parochiales ecclesias praedictarum civitatis et dioecesis visitabimus, dicti curati ostendere teneantur. "Il est parvenu à notre connaissance qu'un grand nombre de personnes de notre cité et diocèse ont contracté des mariages illicites et interdits par le droit, dans l'ignorance où elles étaient de leur parenté spirituelle..."
aussi nous ordonnons que tous les curés de notre cité et diocèse inscrivent sur leurs registres les noms des parrains et marraines qui tiennent les enfants sur les fonts baptismaux, selon la coutume, dans leurs églises, ainsi que les noms des enfants... [et de même] qu'ils conservent les registres anciens, afin de pouvoir de cette manière tenir et garder pour toujours connaissance des liens spirituels.« 
Blason d' Henri le Barbu évêque de Nantes
L'initiative d'Henri le Barbu fait tache d'huile en Bretagne, où l'évêque de Saint-Brieuc en 1421, ceux de Dol et de Saint-Malo en 1446, celui de Rennes en 1464, prescrivent la tenue de registres de baptêmes. A Rennes le plus ancien registre est celui de la paroisse Saint-Sauveur qui commence le 19 juin 1501 ce n'est cependant qu'en 1542 que l'on remarque le passage du latin au français dans ces registres
(Sources : de Fontenay Harold, . Recherches sur les actes de l'état civil aux XIVe et XVe siècles, à p ropos d'un registre de paroisse de l'an 1411.. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1869, tome 30. pp. 543-558.)